Les insectes nuisibles sont des insectes susceptibles d’occasionner des dégâts considérables dans les cultures, les habitations ou pour la santé publique. Certains sont présents depuis longtemps comme la chenille processionnaire, d’autres sont arrivés récemment comme la cochenille tortue. Le changement climatique favorise leur installation et augmente la fréquence des épisodes de pullulations.
Leur impact direct sur la santé publique et l’écosystème forestier reste souvent limité, mais les arbres affaiblis deviennent plus vulnérables aux stress climatiques et aux parasites secondaires, responsables de mortalités plus importantes. À terme, le duo nuisibles / changement climatique peut dégrader durablement nos forêts.
Ces phénomènes touchent souvent de vastes surfaces, rendant l’action publique coûteuse et peu adaptée à cette échelle.
Important : La commune agit dans les espaces accueillant du public, mais dispose de moyens plus limités en zones privées et dans les grands massifs forestiers.
Vous avez repéré la présence de nuisible en zone urbaine ou péri-urbaine uniquement, merci d’utiliser le lien ci-dessous pour nous le signaler. Il vous suffit dans « objet du signalement » de sélectionner le type de nuisible.
Les principaux insectes nuisibles
La cochenille tortue




La cochenille-tortue du pin (Toumeyella parvicornis), originaire d’Amérique, est un insecte invasif repéré pour la première fois en France à Saint‑Tropez en 2021 après son arrivée d’Italie. A partir de 2025, des foyers ont été identifiés à Bormes les Mimosas.
Les colonies de cochenilles-tortue du pin s’installent sur les aiguilles et les branches des arbres et sucent la sève. L’insecte produit une fumagine noire qui marque fortement les pins atteints. Un rougissement des aiguilles est aussi un symptôme de leur présence.
L’insecte épuise les pins jusqu’à les faire dépérir. Il se propage vite (vent, animaux, commerce de plants), contaminant des pinèdes entières.
Aucun risque sanitaire pour l’homme.
La commune, classée en zone délimitée (voir section documents d’intérêt), met en œuvre des traitements par endothérapie (micro‑injection) sur les pins à fort intérêt patrimonial, botanique, ornemental ou social présents dans les espaces publics. 133 arbres répondant à ces critères sont suivis par un expert sur la commune. Les agents des Espaces Verts surveillent régulièrement et la commune participe au Comité de pilotage État‑Collectivité.
Il est demandé aux particuliers, et une recommandation est faite auprès des professionnels (pépiniéristes, paysagistes locaux…), de ne pas planter de pins provenant d’Italie. Afin de prévenir et de contrôler au mieux la propagation de la cochenille tortue, une réglementation communale est en cours d’élaboration concernant la plantation de pins et le suivi des arbres touchés.
Interventions ciblées, arbre par arbre, par des entreprises habilitées uniquement. Selon l’infestation, mieux vaut souvent détruire les parties atteintes en évitant toute dissémination. Ne pas transporter troncs ou branches ; broyer finement sur place puis acheminer vers une déchèterie réglementée ou composter dans la zone.
Avant toute action, contactez le service des Espaces Verts (voir rubrique contact) ou des entreprises certifiées (certiphyto/certi‑biocide).
- L’arrêté définissant le périmètre concerné
par la cochenille tortue
- L’arrêté ministériel et préfectoral
portant sur les mesures de lutte
Le charançon rouge



Le charançon rouge du palmier (Rhynchophorus ferrugineus) est un coléoptère de 2 à 5 cm, rouge‑orangé à brun foncé, très destructeur pour les palmiers. Originaire d’Asie du Sud et du Sud‑Est, il s’est implanté dans le sud de la France au début des années 2000.
Le charançon rouge est redoutable car ses larves se développent en silence, cachées dans le cœur du palmier. Pendant des semaines, voire des mois, l’arbre peut sembler en parfaite santé, alors que son stipe est déjà creusé de galeries. Très difficile à détecter, certains signes doivent alerter :
- Sciure fibreuse et humide expulsée à la base des palmes, souvent accompagnée d’une odeur de fermentation ;
- Suintement brunâtre ou visqueux au niveau du stipe ;
- Palmes centrales rongées en “biseau”, avec des découpes anormales ;
- Parfois des bruits de mastication audibles en approchant l’oreille du tronc lors des fortes infestations.
Au printemps, les adultes volent, s’accouplent et infestent d’autres palmiers. Ils parcourent jusqu’à 7 km et pondent près de 300 œufs. L’espèce Phoenix canariensis est la plus vulnérable.
Aucun risque sanitaire pour l’homme.
L’ANSES juge l’éradication quasi impossible sur le littoral méditerranéen et, depuis 2025, la lutte n’est plus obligatoire au niveau national. Dans les espaces publics, la commune protège toutefois ses palmiers patrimoniaux par des injections préventives, sous dérogation ministérielle et encadrement de la DRAAF.
Sur les Phoenix canariensis, privilégier des traitements préventifs (voir section « Documents d’intérêt »). En cas d’infestation avérée, détruire les parties atteintes et traiter (insecticides/fongicides) voire abattre l’arbre. Faites‑vous accompagner par des professionnels agréés.
- Avis de l’ANSES
- Arrêté ministériel relatif à la lutte contre le charançon (abrogé en 2025 – en attente d’un AP PACA)
- Liste des mesures de lutte
Chenilles processionnaires du pin




La Processionnaire du pin (Thaumetopoea pityocampa) est surtout connue à l’état larvaire : une chenille brune à poils orangés (jusqu’à 4 cm) qui se déplace en file indienne. À l’âge adulte, c’est un papillon d’environ 4 cm. L’espèce est présente en France depuis les années 1960.
Nids en poches de soie blanches ou grisâtres, souvent en bout de branches de pins, surtout visibles en hiver et début de printemps avant la descente des chenilles.
Les chenilles processionnaires se nourrissent des feuilles et des aiguilles des arbres, provoquant une défoliation massive qui affaiblit considérablement les végétaux. Les pins sont particulièrement vulnérables. Les conséquences possibles sont les suivantes :
- Défoliation : baisse de la photosynthèse et de la vigueur
- Arbres plus sensibles aux maladies, ravageurs secondaires et aléas climatiques
- Mortalité possible en cas d’infestations répétées
Les chenilles processionnaires sont couvertes de poils urticants qui peuvent provoquer des problèmes de santé chez l’homme. Les enfants, les personnes âgées et les individus asthmatiques ou allergiques sont particulièrement vulnérables à cet insecte.
Chez les animaux domestiques, notamment les chiens, l’exposition aux poils urticants par ingestion accidentelle ou par exposition aux poils transportés par le vent peut provoquer une hypersalivation, un gonflement de la langue, des vomissements ou des difficultés respiratoires. Dans les cas les plus sévères, ces symptômes peuvent évoluer vers des complications graves, comme une nécrose partielle de la langue ou une réaction allergique systémique mettant en danger la vie de l’animal.
Attention, les chenilles processionnaires peuvent être confondues avec les chenilles du bombyx, qui ne représentent pas de risque de santé publique.
La municipalité met tout en œuvre pour limiter l’impact des chenilles processionnaires sur les espaces publics. Chaque année, le service des Espaces Verts de la ville entament des campagnes de lutte contre leur présence sur certains pins :
- Retrait et brûlage des nids en hiver par des professionnels
- Piégeage à phéromones au printemps pour limiter la reproduction
- Colliers récupérateurs pour intercepter les chenilles en descente
- Pose de nichoirs à mésanges (prédateurs naturels)
- Panneaux d’information dans les zones à risque
Un Arrêté Municipal impose des actions de lutte aux propriétaires ou locataires de parcelles où sont implantés des arbres ciblés par le Processionnaire du pin (voir section « Documents d’intérêt »).
Par ailleurs, pour limiter le risque sanitaire au quotidien, nous vous conseillons de :
- Ne pas approcher ni toucher chenilles ou nids ; vigilance avec enfants et animaux
- Se tenir à distance des arbres porteurs de nids ; ne pas balayer les processions
- Porter des vêtements longs en zone à risque ; ne pas manipuler nids ou chenilles mortes
- Faire appel à des professionnels pour le retrait des nids
- Arrêté municipal portant lutte contre les chenilles processionnaires :
- Liste des mesures de lutte
Le bombyx disparate du chêne


Présent depuis 1990 sur le territoire français, le bombyx disparate (Lymantria dispar) est un papillon nocturne dont les chenilles, très voraces, pullulent par cycles, surtout sur chênes et châtaigniers. En général, sa pullulation dure 2 ans avec une période de latence de 6 à 12 ans. À Bormes‑les‑Mimosas, de fortes pullulations ont eu lieu en 2019 (2 042 ha) et 2025 (2 103 ha). Selon la DRAAF, l’épisode pourrait être encore marqué en 2026 (voir section « Documents d’intérêt »).
Au printemps, l’insecte montre une préférence nette pour les chênes, mais d’autres essences peuvent être touchées, avec de fortes défoliations (débris de feuilles au pied de l’arbre). Les chenilles parfois suspendues à un fil de soie pouvant atteindre 7 m.
Attention, les chenilles du bombyx peuvent être confondues avec les chenilles processionnaires.
À la différence des processionnaires, les bombyx ne se déplacent pas en file indienne et présentent deux taches noires sur la tête évoquant un ‘smiley’. Ils colonisent aussi murs, toitures et jardins.
Les défoliations ne provoquent pas en général la mortalité directe des arbres, mais elles peuvent largement compromettre les glandées et la reprise de jeunes plantations ou régénérations. Des défoliations totales et successives peuvent cependant constituer un facteur d’affaiblissement favorisant la colonisation par des parasites (insectes cambiophages ou pourridiés racinaires). La refeuillaison est toutefois observée à la fin des épisodes de pullulations. A noter que l’accumulation de stress pour les arbres (bombyx, sécheresse…) pourrait affecter sur le long terme nos forêts.
Pas de risque sanitaire majeur ; possibles irritations légères chez les personnes sensibles.
Les pullulations couvrent de larges surfaces, limitant l’efficacité et la pertinence économique d’actions massives. La commune agit sur les espaces publics les plus fréquentés ; la prévention demeure essentielle.
Si un traitement en milieu forestier est irréaliste, certaines solutions peuvent exister sur de plus petits secteurs :
- Pièges à phéromones pour capturer les papillons et réduire la génération suivante
- Traitements biologiques ciblés (Bacillus thuringiensis, Bt), pouvant impacter fortement la biodiversité locale
- Destruction manuelle des masses d’œufs visibles en hiver
- Pose de nichoirs à mésanges (prédateurs de chenilles)
Dans tous les cas, un recours à des entreprises spécialisées et certifiées est nécessaire.
A noter qu’une intervention à l’échelle d’un jardin sera peu efficace compte tenu de la propagation de ces insectes ; traiter les parcelles privées à l’échelle d’un quartier est nécessaire pour avoir un potentiel impact. L’efficacité des actions citées ci-dessus est limitée.
De manière générale, après un cycle de 2 ans de pullulation, l’augmentation des prédateurs de cet insecte régule sa population pendant plusieurs années, ce qui explique les périodes de latence.
Le Frelon asiatique

Le frelon asiatique (Vespa velutina nigrithorax) est une espèce d’insectes hyménoptères originaire d’Asie et qui est arrivée en France vers 2004.
La sous-espèce présente en France est reconnaissable à ses pattes jaunes, ses ailes sombres, son thorax noir, sa couleur sombre et son abdomen sombre cerné d’un anneau jaune-orangé marqué d’un triangle noir.
Les jeunes nids, de la taille d’une orange, sont installés à partir du mois de mars, sur le rebord d’un toit, dans divers abris. Lorsque le nid commence à être étroit pour la colonie, cette dernière installe alors un nouveau nid, souvent à plus de 10 m de hauteur dans les arbres.
Prédateur d’abeilles et d’autres insectes (papillons, chenilles, sauterelles), il menace la biodiversité. Les plus grands nids peuvent produire >13 000 individus par saison, avec à l’automne jusqu’à ~2 000 ouvrières et 500–1 000 futures reines.
Son venin n’est pas plus toxique que celui d’une guêpe ; les piqûres provoquent le plus souvent une réaction locale. En cas de multiples piqûres ou d’allergie, la réaction peut être sévère (attention aux piqûres à la gorge). Garder au moins 5 m de distance d’un nid.
La commune lutte activement : pièges sélectifs posés chaque année de mi‑février à début mai pour capturer les reines. En 2019, une mobilisation citoyenne exemplaire a permis d’éradiquer 1 100 reines grâce à des pièges fournis aux habitants et un suivi des résultats.
Chaque mois de mars, la ville encourage la pose de pièges jusqu’en mai. Utiliser de préférence des pièges sélectifs du commerce. Les pièges ‘maison’ (vin blanc 1/3 + bière blonde 1/3 + sirop rouge 1/3) existent mais ne sont pas sélectifs et peuvent capturer des insectes utiles à notre environnement.
- Information sur la stratégie
nationale et la lutte
- Information sur la lutte
- Fiche FREDON

Le moustique tigre
Le moustique tigre (Aedes albopictus), originaire d’Asie du Sud‑Est, a profité du changement climatique pour coloniser la quasi‑totalité de la France métropolitaine depuis les années 2000. Il prolifère près des habitations, dans de petits gîtes d’eau stagnante, surtout en zones privées.
Le moustique tigre se distingue des autres espèces de moustiques de plusieurs manières :
- Pique le jour (début et fin de journée) ; s’il pique la nuit, ce n’est probablement pas lui
- Silencieux à l’approche
- Plus petit que la majorité des moustiques
- Aspect tigré (noir et blanc)
Il peut entrer en compétition avec des moustiques locaux, maillons de la chaîne alimentaire (chauves‑souris, hirondelles, libellules). Les impacts restent toutefois encore mal documentés.
Il peut transmettre la dengue, le chikungunya ou le zika. En 2025, 208 cas importés et 76 cas autochtones de ces maladies ont été détectés en PACA. La listes des symptômes des maladies transmises par le moustique tigre est donnée dans la section « Documents d’intérêt ».
La commune traque les eaux stagnantes dans l’espace public. La majorité des gîtes se trouvant en propriété privée (coupelles, pneus, jouets, récupérateurs, piscines non entretenues, bâches…), l’action repose aussi sur la vigilance de chacun. Des foyers potentiels sont surveillés pour intervention si besoin.
Le moustique se déplaçant peu (100 à 150 m), une prévention efficace autour de chez soi réduit fortement sa présence :
- Éliminer chaque semaine les eaux stagnantes (coupelles, gamelles, bâches, parasols…)
- Couvrir hermétiquement ou avec un voile moustiquaire toutes les réserves d’eau
- Jeter les déchets pouvant retenir l’eau (boîtes, pots cassés, gravats…)
- Assurer l’écoulement des eaux (siphons, fontaines, gouttières…)
- Ranger à l’abri de la pluie (brouettes, seaux, arrosoirs, jouets, poubelles…)
- Entretenir le jardin (taille, débroussaillage, gestion des déchets végétaux)
Par ailleurs, pour se protéger personnellement, vous pouvez :
- Appliquer des produits répulsifs ;
- Utiliser climatiseurs et ventilateurs ;
- Porter vêtements amples, longs et de couleurs claires.
- Guide de l’ARS
- Symptômes des maladies transmises par le moustique tigre
- Check-list des bons gestes

Les entreprises agréées
Pour traiter les nuisibles sur vos parcelles privées, nous vous conseillons les entreprises de traitement certifiées Certiphyto et Certi‑biocide.
Liste non exhaustive : Action 3D, Derbez, Lambert et Bonfils, Parvicornis, Tropicana Flore…
Vous êtes une entreprise locale de traitement certifiées Certiphyto et Certi‑biocide et vous souhaitez apparaitre dans la liste ci-dessus, contactez-nous.