Maire de Bormes de 1911 à 1945, conseiller général du canton de Collobrières et député du Var de 1928 à 1936, Léon Chommeton a profondément marqué l’histoire de la commune. Pendant plus de trente ans, il a porté les grands projets qui ont accompagné l’entrée de Bormes dans le XXᵉ siècle.
Des débuts dans l’enseignement
Né le 6 mars 1869 à Solliès-Pont, Léon Paul Chommeton est le fils d’un compagnon charpentier devenu artisan chapelier. Athée, il effectue ses études à l’École normale d’instituteurs de Draguignan avant d’accomplir son service militaire dans l’infanterie alpine, dans les Alpes-Maritimes.
Il exerce comme instituteur à Cogolin puis à Flayosc avant d’être nommé à Bormes en 1891. Quatre ans plus tard, il quitte l’enseignement, estimant que son indépendance est incompatible avec les interventions politiques de l’époque. Il devient alors petit cultivateur tout en représentant une maison de fleurs dans la région de cultures florales d’Hyères.
En 1898, il est nommé secrétaire de mairie de Bormes.
Un engagement politique précoce
Militant socialiste convaincu, Léon Chommeton fonde en 1905 le groupe socialiste « Germinal » à Bormes. Membre du comité fédéral de la SFIO, il participe aux congrès nationaux de Saint-Quentin en 1911 et d’Amiens en 1914.
À la suite du décès du maire Alexandre Vigourel en juillet 1911, il est élu lors de l’élection complémentaire du 20 août 1911 puis accède à la fonction de maire la semaine suivante. En octobre de la même année, il devient conseiller général du canton de Collobrières malgré une forte opposition de la préfecture. Le journal Le Petit Var qualifiera cette élection de « victoire sur la préfecture ».
Le 5 mai 1912, les élections municipales confirment pleinement cette confiance des électeurs. Il est ensuite régulièrement réélu et restera à la tête de Bormes jusqu’en 1945.
D’abord perçu avec réserve par l’administration, il finit rapidement par gagner son estime. Dès octobre 1911, le sous-préfet souligne qu’il « possède un tempérament vif et combatif. Administre avec soin et dévouement […] Rapports corrects. »
Le maire qui fit entrer Bormes dans le XXᵉ siècle
Léon Chommeton exerce ses fonctions durant les deux guerres mondiales. Au cours de ce long mandat, ses réalisations sont nombreuses et contribuent à transformer durablement la commune.
C’est à lui que le village doit notamment :
- son électrification ;
- ses premiers véritables réseaux d’eau potable ;
- son réseau d’assainissement avec la création de la première station d’épuration des eaux usées ;
- la création de la première cave vinicole ;
- la réalisation du premier stade avec tribune couverte ;
- la création du musée de Bormes.
Lors de l’inauguration de ce dernier, en 1926, il déclare :
« C’est un projet modeste en apparence, mais grandiose par le but qu’il se propose. »
Il contribue également au développement des territoires voisins et travaille activement à l’équipement touristique du littoral varois.
Le seul député qu’ait connu Bormes
En 1928, Léon Chommeton est élu député du Var. Il est, à ce jour, le seul député qu’ait connu Bormes. Réélu en 1932, il exerce son mandat jusqu’en 1936.
À la Chambre des députés, il siège notamment aux commissions des Douanes et de la Marine marchande. Très actif, il intervient avant tout sur les grands dossiers varois : la Corniche des Maures, l’extension du port du Lavandou, la situation des pêcheurs, les primes à l’oléiculture, la protection des forêts contre les incendies ou encore le développement de la filière floricole.
Parallèlement, il préside le syndicat des communes du littoral varois et œuvre activement au développement touristique de la région.
Un élu fidèle à ses convictions
Tout au long de sa carrière, Léon Chommeton demeure profondément attaché à ses convictions socialistes. Très actif au sein de la SFIO, il participe à la vie du parti aux niveaux départemental et national tout en poursuivant son action au service du Var.
Ses professions de foi traduisent cet engagement. En 1919, il écrit :
« Pour moi, trop fier de mon idéal socialiste pour condescendre à des combinaisons, j’appelle ceux qui veulent qu’envers et contre tous la République tienne ses promesses de probité, de justice et de liberté ! Je disais en 1913 que je serai pendant toute la durée de mon mandat « serviteur des humbles et non larbin du gouvernement ». »
Au Conseil général du Var, son activité est particulièrement importante. Président de la commission départementale en 1921 et 1922, vice-président du Conseil général en 1924, il préside également la commission des travaux publics et des bâtiments départementaux. Il participe aussi à la commission de l’hydraulique, contribuant largement aux investissements réalisés pour l’équipement de la côte varoise.
Fidèle à ses convictions jusqu’à la fin de sa carrière, il soutient les forces du Front populaire et déclare devant le Conseil général, le 13 mai 1936 :
« Nous faisons partie du Front populaire. »
La fin d’une longue carrière
Après la Seconde Guerre mondiale, dans un contexte où les soupçons des uns vis-à-vis des autres rendent l’atmosphère générale particulièrement lourde, Léon Chommeton met un terme à sa carrière politique. En 1945, il ne se représente pas au Conseil général et est battu aux élections municipales.
Remarié en novembre 1934, après le décès de sa première épouse, il adopte la fille de sa seconde épouse.
Il s’éteint le 6 août 1955 à Toulon.
Un héritage durable
Par sa longévité en tant qu’élu, sa ténacité et les nombreuses réalisations qu’il a portées, Léon Chommeton a profondément transformé Bormes.
Son parcours au service de Bormes et des territoires alentours, sa pugnacité dans la conduite de projets parfois difficiles mais essentiels au confort des Borméennes et des Borméens, ainsi que son engagement au service de l’intérêt général, justifient pleinement que la commune perpétue aujourd’hui sa mémoire.
Socialiste au grand prestige, Léon Chommeton fut, par sa ténacité, l’un de ceux qui jetèrent les fondements du futur développement de la côte varoise.